Claude CAMBUS
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Adjoint au maire de Manses, Pays de Mirepoix Pyrénées Cathares  — Manses (Ariège)
Sujet publié le 23 avril 2018 à 22h23
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Transition énergétique...
 

Aujourd’hui, les questions qui se posent à l’humanité sont la raréfaction des énergies fossiles, des matières premières et le changement climatique. La transition énergétique n’est pas une option, nous devons augmenter la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique, parallèlement à la réduction des consommations d’énergie par habitant. Le défi est de réussir cette transition sans renoncer aux conditions de vie qui sont les nôtres. Chacun doit pouvoir manger à sa faim, se soigner quand il est malade, se déplacer pour visiter sa famille, ses amis, visiter le pays et le reste du monde. Et on ne reviendra pas sur le développement des technologies digitales, des applications virtuelles, qui nécessitent beaucoup d’énergie, et pas n’importe laquelle, une énergie de qualité, fiable et la moins chère possible, sous forme électrique.

 

Ce défi sera relevé avec la science et la technologie, les a priori et postures idéologiques ne serviront à rien. Une des impasses actuelles remonte aux années 1970. Quand les conflits du Moyen Orient ont entrainé la fermeture des robinets de pétrole, des pays ont engagé une transition vers l’atome parce qu’ils en maitrisaient la recherche et la technologie, pour produire de l’électricité et de la chaleur. Les États Unis, l’Union soviétique, le Royaume Uni et bien sûr la France s’y sont lancé. Mais l’atome, déjà utilisé pour soigner, a subi son « péché originel » à Hiroshima. L’opposition aux programmes nucléaires civils est née moins spontanément qu’on nous le fait croire. De là a été développé l’idée que les énergies renouvelables était disponibles, abondantes et bon marché, en particulier l’éolien et le solaire. Aujourd’hui, 40 ans plus tard, force est de reconnaître qu’aucune des deux n’a atteint la compétitivité "prix/disponibilité" de l’hydro-électricité (renouvelable elle aussi). Et la nuit et quand il n’y a pas de vent ce sont les combustibles fossiles qui assurent la production électrique ! Très mauvais pour le climat ! Ce n’est pas à cause du méchant lobby pétrolier, mais parce que l’éolien et le solaire, n’ont pas les capacités suffisantes pour répondre à la demande.

 

En outre, l’apparente gratuité du vent et du soleil est un mythe ! L’éolien qui fait l’objet du lobbying le plus important actuellement est présenté comme coutant 1 million d’€ par MW. Mais un projet récemment présenté en Ariège mentionnait dans le dossier soumis à enquête publique un coût total, machines, installation, raccordement au réseau RTE de 28 millions d’€ pour 12 MW soit plus de 2 millions €/MW ! Le solaire est plus coûteux encore.

 

Pour l’éolien, le MW de puissance installée présente un taux de charge moyen (Europe entière) de seulement 22 %, comparé au thermique fossile ou nucléaire de l’ordre de 85 % à 90 %. Cela revient à dire que même quand le stockage de l’électricité produite de façon imprévisible et aléatoire par les parcs éoliens sera résolu, il faut 4 MW éoliens pour produire l’équivalent d’1 MW thermique. Donc le coût d'investissement n'est pas celui du MW éolien, mais  4 fois 2 M € soit 8 millions € le MW utile. C’est le même cout que l’EPR !

 

Ensuite soyons réalistes, le seul stockage d’électricité aléatoire en grandes quantités c’est le pompage hydraulique. Or la France en possède deux installations et tout le monde s’accorde à dire qu’après Sivens (et NDDL) plus aucun autre site ne pourra être équipé, pour cause de zones humides, de biodiversité, de préservation d’espèces protégées et plus largement des idéologies de la décroissance…

 

Les nuisances des énergies prétendues douces n’ont pas été convenablement étudiées. Et curieusement au moment ou les juges commencent à prendre en compte l’hyper électro sensibilité aux ondes que personne n’a encore pu démontrer scientifiquement, on évacue le syndrome éolien comme si les infra sons n’existaient pas alors qu’on sait les mesurer et on en connait les causes et les effets !

 

Il faudrait donc compléter les approches technico économiques par des approches sociologiques auprès des population riveraines des parcs éoliens et qui s’en disent victimes, qui ont perdu toute la valeur de leurs biens, et qui sont sans recours…

 

Je pense en particulier aux habitants de l'Aveyron, notamment ceux du Lévézou, à ceux de l'Aude qui n'en peuvent plus des forêts d’éoliennes qui saccagent leur cadre de vie...

 

Il ne faut pas se limiter aux témoignages de ceux qui ont visité des sites sur invitation des promoteurs qui les ont vous convaincus qu'on n'entend rien au pied de l'éolienne. Forcément, ceux qui en souffrent le plus sont ceux qui sont à 500 m des machines et qui sont soit sous le vent, soit dans l’ombre portée, soit les deux.

 

Le présentateur du reportage sur le Lévézou dit : ce n’est pas à cause des éoliennes qu’il y a toutes ces maisons à vendre, mais c’est à cause d’elles si elles ne se vendent plus !

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