Frédéric GEHIN
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Cadre territorial Républicain Humaniste et militant associatif 43 ans Marié, deux filles  — Corbelin (Isère)
Sujet publié le 15 mai 2018 à 16h20
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Pour (enfin) en finir avec Mai 68
 

A chaque anniversaire, et principalement lorsqu’il s’agit d’un compte rond, on n’échappe pas à des semaines d’articles, de reportages, d’émissions de radio et autres sondages sur mai 68, cette Révolution qui n’en fut pas une.

 

On notera ainsi que la Constitution de 1958, à mon sens beaucoup plus importante car créatrice de la Vème république qui nous gouverne encore, n’est pas autant célébrée.

 

Ce millésime est particulièrement remarquable, d’une part, en raison du mouvement social qui, cette année encore, agite la France (ou du moins une partie d’entre elle, toujours plus minoritaire) et d’autre part, parce que c’est le 50ème anniversaire.

 

Ce n’est pas la première fois, pourtant, que l’on entend parler de « convergence des luttes » (Nuit Debout nous a déjà fait le coup), de grand soir, de mai bouillant ou de Révolution.

 

On sait pourtant comment finit mai 1968 : la Révolution petite-bourgeoise initiée par des fils de famille se conclut par les Accords de Grenelle –et le sentiment, toujours présent, parmi une partie de la classe ouvrière de l’époque de s’être fait avoir – et par une majorité pléthorique donnée au Général de Gaulle, Président de la République d’alors.

 

Quant aux principaux leaders du mouvement, ils se sont soit embourgeoisés et conseillent désormais le Président Macron, soit reconvertis dans la Presse, la Littérature ou les Sciences Sociales, soit, continuent à militer dans les groupuscules de Gauche révolutionnaire.

 

Notons d’ailleurs que chez tous ces grands défenseurs des acquis sociaux, nulle question de prendre sa retraite et laisser la place aux jeunes.

 

Pourquoi, alors, cette fascination pour Mai ?

 

Par appétence d’une partie de la population française, minoritaire mais non négligeable, pour les Révolutions, celle de 1789 et celle de 1793, pour la Terreur et la Commune de Paris, les Trois glorieuses et 1848.

 

Mai 68 a ainsi le triple avantage d’être encore assez récente, de ne pas avoir été trop violente et surtout de n’avoir abouti à rien, sinon à une modification fondamentale – et souhaitable – des mœurs corsetées de l’époque.

 

Mais le contexte est désormais différent et l’Histoire ne repasse pas les plats.

 

Les idéologies sont mortes, le communisme a disparu, la Capitalisme, bien que triomphant voit sa supériorité et son influence contestées, non par une contre-pensée cohérente et achevée mais bien par des actions humbles, concrètes, quotidiennes, efficaces.

 

L’époque est également marquée par un triomphe de l’individualisme, une diminution de l’engagement, un moindre attachement à la Communauté nationale, phénomènes hérités de l’après mois de Mai.

 

Ou comment, une pseudo-révolution, par son ombre tutélaire et son influence profonde sur les mentalités de ses acteurs et leurs descendants, a paradoxalement contribué à empêcher toute velléité d’insurrection.

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