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Sujet publié le 11 février 2019 à 14h37
ON A RIEN SANS RIEN
 

LE CONTEXTE

 

La France en tête des pays pour les prélèvements obligatoires et en tête pour les dépenses publiques. C’est l’un des pays d’Europe qui a le plus bas taux de pauvreté (inférieur à celui de l’Allemagne et même de la Suède). Il y a donc bien une redistribution sociale (c’est le champion d’Europe) et une solidarité très importante dont beaucoup de personnes n’ont pas conscience ou feignent d’ignorer. Après redistribution, c’est un des pays où les inégalités sont les moins importantes.

 

Plus de la moitié des personnes ne payent pas l’impôt sur le revenu, un grand nombre sont désormais exonérées de taxe d’habitation et bénéficient d’exonération de CSG ou de CSG à taux réduit.

 

De nombreuses allocations existent par ailleurs, qui souvent se cumulent, et constituent des revenus supplémentaires.

 

En matière d’indemnisation du chômage, nous sommes l’un des plus généreux sinon le plus généreux, si on prend en compte la durée , le niveau d’indemnisation et les obligations à respecter en matière d’emploi de remplacement.

 

Notre système de retraite entièrement par répartition est le plus généreux mais aussi le plus coûteux (c’est le premier poste, et de loin, des dépense sociales) mais l’un des plus injustes compte tenu du nombre de régimes différents et spéciaux. En même temps, c’est l’un des moins productifs si on considère ce que 1% de cotisation rapporte en % de retraite.

 

Inversement, les prélèvements sur l’activité sont les plus élevés d’Europe à travers les charges sociales et l’impôt sur les sociétés, ce qui nous pénalise fortement dans le contexte mondial et nous distingue au niveau européen. Le maquis des taxes est par ailleurs totalement illisible, souvent contreproductif et lourd à gérer.

 

Tout cela ne nous empêche pas d’avoir un taux de chômage bien supérieur à la moyenne des pays de l’OCDE et un endettement et un déficit budgétaire structurel très importants dus pour l’essentiel à notre incapacité à faire face aux dépenses courantes. Si au moins c’était pour des investissements d’avenir !

 

Bref, notre modèle social avantageux, que beaucoup nous envient, n’est pas efficient en raison d’un rapport coût/avantage désastreux alors qu’il y a tant à faire par ailleurs. En effet, nous sommes à la traine en ce qui concerne les effectifs dans les maisons de retraite, le respect de la dignité humaine dans les prisons, la prise en charge de l’autisme et de l’enfance en déshérence…

 

Le mouvement des « gilets jaunes » conduit à des revendications tous azimuts d’une grande démagogie, au regard de ce qui précède, et totalement irréalistes dans un monde confronté à la mondialisation. Il faut raison garder et ne pas céder à tous les corporatismes et privilégier les réformes de structure, la convergence avec nos principaux partenaires et mettre l’accent sur les vrais besoins.

 

FISCALITÉ

 

- tout le monde, en sa qualité de citoyen, devrait payer l’impôt sur le revenu et les impôts locaux, ou même la CSG, ne serait-ce que de manière symbolique, quitte à augmenter légèrement les minima sociaux, pour fortifier le sentiment d’appartenance à la collectivité et éviter les comportements du genre « y- a qu’à faut qu’on » en pensant que c’est toujours aux autres de contribuer à sa place. Toute somme d’argent perçue, à quel titre que ce soit, constitue un revenu qui devrait, comme tel, être inclus dans les bases de l’impôt sur le revenu, ce qui éviterait par ailleurs les effets de seuil pénalisant et décourageants.

 

- taxer moins l’activité et les entreprises, ce qui éviterait de construire des « usines à gaz » couteuses fiscalement et lourdes à gérer pour compenser le trop plein de charges.

 

- Maintenir le niveau actuel de CSG sur les retraités. C’est une erreur d’avoir récemment cédé sur ce terrain quand on sait que les retraités payaient déjà moins de CSG que les actifs, qu’avec le vieillissement de la population les dépenses sociales seront de plus en plus élevées alors qu’on a du mal à accueillir correctement les personnes âgées en maison de retraite. Là aussi tout le monde devrait s’acquitter de cet impôt, quitte à plus différencier les taux. Quant à différencier le prix d’hébergement en EHPAD en fonction des revenus, attention à ne pas repousser les problèmes et les difficultés de paiement sur ceux qui sont un peu plus aisés. Où alors, il faut que, en compensation de la hausse des tarifs pour certains, les départements baissent le taux de la taxe foncière. Ce serait un comble que les mêmes personnes soient pénalisées 2 fois (une par les tarifs différenciés, l’autre par la fiscalité).

 

- Ne pas se défouler en accroissant de manière confiscatoire la pression fiscale sur les très riches (le décile supérieure), ce qui serait contreproductif, mais revoir néanmoins certaines modalités d’imposition favorables aux très gros revenus. La suppression de l’ISF sur la fortune mobiliers concomitante à la mise en place de la flat taxe qui plafonne à 30% les revenus des capitaux mobiliers n’a-t-elle pas été une erreur de timing alors qu’il aurait peut-être fallu se contenter d’une des 2 mesures dans l’immédiat pour voir ce que ça donne et se garder des marges de manœuvre au regard du comportement des grandes fortunes ? Garder en mémoire qu’au sein des 2 derniers déciles de revenus, l’écart de revenus et de fortune est infiniment plus important entre les 1% les plus riches et les personnes du 8ème décile qu’entre ces dernières et les personnes des 3 premiers. En fait les populations bénéficiant le mois des dernières mesures annoncées sont les 10% les plus pauvres et les retraités qui se situant juste au dessus de la classe moyenne inférieure.

 

- Revenir complètement sur la mesure d’exonération de la taxe d’habitation qui revient à faire supporter par seulement 20% de la population une part essentielle de la fiscalité des communes et des groupements alors que celle-ci ne peut qu’augmenter compte tenu des transferts de compétences existant et à venir si l’on prend en considération le désir d’une plus grande décentralisation. A qui fera –t-on croire qu’un couple avec un revenu fiscal de référence de 46 000 € (soit l’équivalent de 3500 € net mensuel) est riche !alors qu’il ne sera pas exonéré de TH ! Non seulement il paye l’intégralité de la TH, mais en plus il ne bénéficie d’aucun avantage tarifaire sur les services communaux…la double peine en quelque sorte ! Si la taxe d’habitation est une ineptie justifiant l’exonération pour 80% de la population, pourquoi serait-elle fondée pour les 20% restant ? Et que penser alors de l’impôt foncier calculé sur les mêmes bases ! La solution ne consisterait-elle pas, comme cela se pratique dans certains pays, à instituer au profit des collectivités locales une taxe additionnelle à l’impôt sur le revenu qui aurait le mérite de reposer sur une assiette et des capacités contributives plus pertinentes sous réserve de ne pas multiplier les exonérations ? Ce n’est pas parce qu’on un plus grand logement que son voisin qu’on gagne nécessairement plus d’argent. Je connais beaucoup de personnes dans mes relations d’un niveau de vie comparable ou supérieur qui ont fait le choix de vivre à la périphérie pour convenance personnelle (refus de vivre en appartement et en copropriété, désir d’avoir un terrain…) et qui, avec des maisons plus grandes payent bien moins d’impôt locaux tout en profitant, à l’occasion, des infrastructures de la commune centre sans en acquitter les charges.

 

- Revoir les droits de succession sur les plus grandes fortunes ce qui serait plus juste économiquement que l’ISF.

 

- Mettre en place une véritable fiscalité écologique ; OUI OUI à la taxe carbone si on veut protéger les générations futures ou toute autre mécanisme similaire (cf § sur transition écologique).

 

DÉPENSE PUBLIQUES

 

- fusionner autant que possible les seuils sociaux pour fusionner les aides correspondantes, ce éviterait des démarches et permettrait une meilleure gestion administrative et en même temps une meilleure lisibilité pour les bénéficiaires et les pouvoirs publics et une meilleure transparence pour tout le monde.

 

- Revoir les modalités d’indemnisation du chômage pour favoriser un retour à l’emploi plus efficace. Notre système est moins incitatif que la moyenne de l’Europe

 

- Corrélativement mettre le paquet sur la formation et la mobilité des chômeurs pour favoriser le retour à l’emploi. On exonère de taxe foncière pendant 2 ans les nouveaux propriétaires, mais rien pour les chômeurs qui font l’effort de mobilité (coût déménagement, perte éventuelle sur vente maison, frais de réinstallation…) Pour avoir déménagé plusieurs fois dans ma carrière par choix et alors que mes frais de déménagement étaient souvent pris en charge, je peux témoigner néanmoins « ce que ça coûte°. LA MOBILITÉ DOIT ÊTRE FACILITÉE, c’est de l’argent bien placé pour la collectivité.

 

- Revoir le système de retraite. OK pour le projet de réforme « les mêmes droits pour tout le monde ». Pourquoi ne pas s’inspirer des pays qui ont institué un système de financement à plusieurs étages et introduire la capitalisation en complément, ne serait-ce que par la constitution d’un fonds souverain. La retraite par répartition pourrait constituer le socle de base, ce qui permettrait de couvrir les besoins indispensables (le reste à vivre !).

 

- Mettre un bémol à l’hospitalo-centrisme dont le coût pour la société est disproportionné au regard des résultats. Arrivera-t-on un jour à réformer véritablement la médecine de ville et de campagne pour des soins de proximité. Peut-on indéfiniment être l’otage d’une médecine libérale qui prétend s’installer où elle veut alors que le financement des dépenses de santé est entièrement socialisé ?

 

- Favoriser la mobilité interne et externe au sein de la fonction publique. Cette rigidité est contreproductive L’ayant constaté et vécu, de nombreux fonctionnaires se considèrent propriétaires de leur poste et veulent rester au même endroit et faire les même choses quelles que soient les évolutions dans les missions et la population).

 

- Mettre l’accent sur les publics vraiment défavorisés en situation de handicap, de grande précarité, sur les modalités d’hébergement dans les prisons (une honte pour notre pays), les maisons de retraite autistes, l’enfance en difficulté. ..

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Réponses
Politizr Le Grand Débat National
YVES VALETTE
44 années de cotisation et je travaille toujours en tant que salarié , je n'ai pas l intention d arrêter à ce jour . ce qui a le plus endetté notre société est l'abaissement de l'âge de la retraite . on devrait pouvoir choisir son départ et etre rémunéré en fonction .  — Saint-Just-Saint-Rambert (Loire)
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Réponse publiée le 11 février 2019 à 18h54
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