Jehan Augustin IZOARD
Auteur dramatique édité chez Atramenta.net.  — Europe du Nord
Sujet publié le 2 août 2019 à 20h57
2 minutes
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Le "Gafari", ou l'art de se "trumper"
 

En un époque fertile en néologismes, je propose celui-ci. Le "Gafari', ce qui donne en version française "l'Art de chasser les GAFAM". Une majuscule à Art car il s'agit bien du dixième Art puisque Trump le dit en faisant passer Bruno Le Maire pour l'amuseur (la muse Heure) public/que.

 

Pauvres GAFAM, qui se voient déjà réduits à la mendicité par l'exception fiscale française. Amazon nous fait savoir qu'il compte inclure des frais supplémentaires dans le prix de vente ce qui représente pour le client une contribution directe ( à la survie de l'entreprise). Cela pourrait être décrit comme étant une fable où nous serions les dindons. En effet, Le Maire a manqué d'ambition, au lieu de réclamer 500 Ms€, il fallait fixer la barre + haute soit 700 Ms€, ou 1 Md€. La morale de cette fable est que si Amazon  s'est senti en péril (puisqu'il ne payait rien avant !), le recouvrement n'a pas réussi à le conduire au bord du gouffre. Jouissant d'un monopole quasi exclusif, il tenait sa clientèle dans un état de dépendance. Cette situation contraire aux idées libérales du libre-échangisme ne permet pas une saine concurrence ni une véritable régulation des prix.

 

Trêve de plaisanteries ! Même Donald Trump, qui peut avoir des éclairs de génie en frottant la lampe, s'est rendu compte que les GAFAM devenaient ce que je dénonçais déjà il y a dix ans, des monopoles privés, un état dans l'état. Et qu'il fallait envisager leur démantèlement comme ce fut le cas jadis pour la Standard Oil et les Télécoms US (A.T&T). Si nos vins subissent l'ire de Trump, ils ne squeezent pas le marché extrêmement concurrentiel des spiritueux et, même pour un protectionniste de la trempe de Trump, il s'avérerait difficile, pour ne pas dire impossible, de taxer unilatéralement le vin français en dispensant nos voisins italiens et espagnols. 

 

Petite parenthèse afin de conclure. Lorsqu'il était président Sarkozy avait lancé un emprunt de 35 Mds€ pour le développement des NTIC (nouvelles technologies de l'Information et de la Communication). Au vu de l'absence de sociétés concurrençant les GAFAM sur le marché européen, on pourrait se demander où est passé cet argent. Dans le même état d'esprit la taxe Le Maire sur les GAFAM ira-t-elle enfin à la création de ce géant européen tant attendu, ou colmatera-t-elle quelque déficit national, laissant à l'abandon un secteur stratégique, comme ce fut le cas avec la vignette auto qui aurait dû financer la dépendance...

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