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Pierre Reynaud
Ancien chef d'entreprise dans le secteur juridique. Aujourd'hui, éditeur, journaliste et historien. Créateur du Mouvement Réveil Républicain. Fondateur du site La France Libérée (journal à vocation citoyenne)  — Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône)
Sujet publié le 17 mars 2020 à 18h20
2 minutes
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La grande tueuse des années 1918 - 1920
 

Avec un bilan final compris entre 50 et 100 millions de morts, l’épidémie de grippe espagnole survenue entre 1918 et 1920 coûta à l’époque la vie à trois à six fois plus de personnes que la Première Guerre mondiale. L’événement, pourtant, reste en retrait dans notre conscience de l’histoire du XXe siècle.

 

Autrice en 2017 de Pale Rider: The Spanish Flu of 1918 and How It Changed the World, traduit en français l’année suivante sous le titre La Grande Tueuse (Albin Michel), la journaliste et essayiste britannique Laura Spinney revient sur cet événement méconnu et les échos qu’offre avec lui l’épidémie actuelle de coronavirus.

 

Propos recueillis par Jean-Marie Pottier.

 

RetroNews : Dans les premières pages de La Grande Tueuse, vous écriviez qu’avec la grippe espagnole, il existe un véritable « oubli collectif de ce qui fut le plus grand massacre du XXe siècle ». Est-ce toujours le cas ?

 

Laura Spinney : Au moment du centenaire, alors que cette pandémie était beaucoup abordée dans les médias, je me suis posé la question de savoir si cette mémoire ravivée allait persister. Je ne sais pas si c’est le cas.

 

En ce moment, tout le monde parle de cette grippe dite « espagnole » car on est en pleine épidémie de coronavirus, mais j'ai l'impression qu’à chaque fois qu'une épidémie se termine, on l'oublie jusqu'à la prochaine. Une preuve très concrète en est qu'on n’investit pas assez dans ses préparatifs.

 

Comment expliquez-vous que cet épisode a été parfois négligé par l’historiographie ?

 

Je pense que c'est dû à une multitude de facteurs. Déjà, il y a eu un gros problème de sous-estimation : pendant longtemps, on a cru que la Première Guerre mondiale avait fait autant de morts, tandis qu’elle a tué au moins trois fois moins. On n’avait pas de tests de diagnostic à l'époque, le virus était encore un concept assez nouveau en 1918. Les premiers n’avaient été identifiés qu’à la fin du XIXe siècle, les symptômes des cas graves de la grippe dite « espagnole » étaient similaires à ceux du typhus ou du choléra... Lire la suite

 

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