Claude CAMBUS
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Adjoint au maire de Manses, Pays de Mirepoix Pyrénées Cathares  — Manses (Ariège)
Sujet publié le 3 mars 2018 à 16h41
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Après Sivens, Notre Dame des Landes, ce sera BURE ?
 

L’abandon de la construction de Notre Dame des Landes a été interprété comme la victoire de la force sur le droit. Normal puisque quelques 300 occupants illégaux du site ont réussi à faire abandonner un projet qui avait passé l’épreuve de la concertation démocratique, d’un «référendum» local pourtant circonscrit à un territoire «bien choisi pour aboutir au NON» aux dires des partisans de l’aéroport et enfin d’un engagement du chef de l’État lorsqu’il n’était que candidat. Peu importe le bien ou le mal fondé du projet, ce n’est pas le fond mais la forme qui constitue le renoncement.

 

Fort de cette victoire après celle de Sivens, les « zadistes » sont donc partis occuper de nouveaux terrains, et celui qui m’intéresse aujourd’hui est le site de Bure. En effet ce laboratoire test de stockage -en couche géologique profonde- de déchets nucléaires à haute activité et à vie longue est indispensable à la gestion des déchets nucléaires des centrales de production électrique françaises.

 

Donc depuis quelque temps déjà il y avait dans un bois situé sur le site 70 occupants que l’État avait laissé s’installer pendant le mandat de François Hollande. Aujourd’hui ils sont plusieurs centaines à vouloir reproduire NDDL ou Sivens. Conduits par des activistes anti nucléaires ils annoncent dans les médias la dangerosité de l’installation, l’opposition de certains riverains, l’absence de concertation démocratique… Une grand partie de tout cela est faux évidemment et j’y reviens plus loin.

 

Mais si le gouvernement ne procède pas aujourd’hui à la remise dans le «droit» chemin de ce site, il n’y arrivera jamais !

 

Pour ce qui est de la dangerosité : la France n’est qu’un parmi tous les pays qui utilisent le nucléaire civil. Il y a 11 autres pays qui produisent plus de 30% de leur électricité par l’atome et dont le volume total de déchets est de loin supérieur à ceux que nous produisons. Ces déchets peuvent rester dans le combustible usé auquel cas ils constituent de gros volumes à gérer (Canada, Espagne, États Unis, Finlande, Suède Suisse), ou bien être séparés et conditionnés comme nous le faisons à La Hague pour nous et pour des pays tiers à qui nous renvoyons les déchets réduits et conditionnés. Donc les déchets sont là, les gérer à Bure en site profond est moins dangereux que les laisser dans des piscines ou dans des conditionnements provisoires de surface. Ce choix est scientifiquement partagé au niveau international. (Voir le point 133 de l’avis du Comité Économique et Social Européen du 25 février 2004   https://webapi.eesc.europa.eu/documentsanonymous/ces317-2004_ac_fr.doc )

 

Pour ce qui est du débat démocratique : Il faut rappeler que le débat sur la gestion des déchets nucléaires a fait l’objet de plusieurs loi, la première datant de 1991, c'est-à-dire avant qu’un certain nombre de ceux qui contestent aujourd’hui soient nés !

 

La loi dite Bataille, du nom du député du Nord qui l’a inspirée, donnait les orientations selon trois axes : la séparation et la transmutation des déchets, l’étude d’un laboratoire le stockage réversible ou non en site géologique profond et enfin le conditionnement pour un entreposage de durée temporaire en surface. Les producteurs de déchets (EDF CEA) ont contribué pour 2,5 milliards d’€ à l’exécution de ces recherches durant les 15 ans qui constituaient l’horizon fixé. Le bilan qui a conduit à la deuxième loi en 2006 souligne : que la transmutation est possible mais a besoin dles réacteurs de 4ème génération, que l’entreposage en surface est techniquement maîtrisé et que l’option laboratoire souterrain est plus avancée en massif argileux (site de la Meuse) qu’en massif granitique (Bretagne Massif central).

 

C’est en 1999 qu’a été mis place, à Bar le Duc, le Comité Local d’Information et de Suivi du projet de laboratoire souterrain dans le massif « callovo oxfordien » de la Meuse. Le débat public s’est donc engagé à cette date et quatre groupes thématiques ont été crées : réversibilité, santé environnement, localisation du site et communication.

 

La Commission nationale du débat public a été saisie de la question des déchets radioactifs et animé des débats publics pendant 4 mois entre le 12 septembre 2005 et le 13 janvier 2006. En 13 séances publiques, plus de 3.000 personnes représentant surtout le grand public averti, les associations d'élus et les associations de défense de l'environnement nationales ont pu participer au débat. Le dossier préparatoire, ainsi que tous les comptes rendus des débats et les contributions spontanées, dites « cahiers d'acteurs », ont été rendus publics sur le site Internet de la CNDP en temps réel.

 

On peut donc dire que ceux qui contestent aujourd’hui la démocratie du processus de préparation du laboratoire de Bure sont soit des incompétents notoires qui n’ont absolument pas cherché l’information disponible et dans ce cas il n’y a pas à les ménager, soit des idéologues de mauvaise foi qui veulent bloquer le nucléaire par l’aval du cycle du combustible au mépris de la sécurité réelle des Français s'agissant des déchets. Dans ce dernier cas –très probable- il n’y a aucune raison de les ménager non plus. Il est également possible qu'ils soient les deux à la fois, simplement pour s'occuper parce qu'ils n'ont pas envie de faire autre chose...

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